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Prendre soin de soi durant le deuil


Prendre soin de soi en s’écoutant de préférence aux conseils de l’entourage qui vont souvent à contre-courant de ce que l’on souhaite pour soi.
Ainsi, cet entourage exhorte-t-il le plus souvent la personne endeuillée à « réagir » au chagrin et insiste sur le futur, sur l’espoir. Cette insistance ne donne pas sa juste place au temps, celui du deuil unique pour la personne, elle-même unique.
Voici les 10 propositions formulées par Nadine Beauthéac, animatrice de groupes d’entraide Naître et Vivre. Ces propositions ont valeur de points de repères élaborés par des personnes endeuillées.

  1. Se soustraire si nécessaire à la pression sociale : chacun va essayer de vous donner des conseils, la famille, les amis. On vous dira de fuir dans le travail ou au contraire de ne pas retravailler trop vite ; de pleurer ou d’éviter absolument les émotions ; de voir un psy et de ne surtout pas y avoir recours ; de prendre des médicaments ou d’éviter ce recours à tout prix ; de garder les affaires du défunt ou de s’en défaire rapidement…..Il est difficile de faire face à cette pression mais certainement le plus aidant pour vous est de vous dire que vous êtes vous, avec vos goûts, vos choix, vos croyances ; Sauf si vous êtes dans une situation de détresse telle que vous ne pouvez plus faire vous-même vos propres choix, recentrez-vous sur vous et décidez ce que vous, vous avez envie de faire, parce que c’est cela qui aura le plus de sens pour vous.
  2. Economiser votre énergie physique : le deuil demande de l’énergie psychique pour faire tous les réaménagements nécessaires ; l’énergie physique en souffre pendant un certain temps ; chaque jour, vous pouvez vous limiter à faire ce que vous pouvez dans les tâches indispensables ; ce minimum est déjà souvent un exploit.
  3. Economiser votre énergie psychique : tout ce à quoi vous avez cru jusqu’à présent est remis en cause, c’est une dépense d’énergie psychique fondamentale que vous vivez ; vous êtes centré(e) sur ce travail, aussi essayez d’éviter les autres conflits, ce n’est pas le moment de les régler.
  4. Rechercher des personnes et des activités « aidantes » : essayez de vous trouver en compagnie de personnes avec lesquelles vous pouvez exprimer ce que vous ressentez, ou auprès desquelles vous vous sentez bien ; Ce n’est pas le moment de faire des efforts pour des obligations sociales si vous n’en voyez pas l’utilité. Si votre entourage n’est pas assez aidant, mettez votre énergie pour rechercher des associations, des groupes d’entraide, des conférences ; il y a aussi les activités que vous aimiez « avant », d’autres se découvrent, s’ajoutent, comme la lecture de livres sur le deuil ; loin d’être une activité morbide comme certains ne manqueront pas de vous dire, c’est une manière de confronter son vécu, de réfléchir, et donc d’avancer dans le deuil.
  5. Faire attention à votre état de santé, plus particulièrement durant les deux premières années du deuil : il est reconnu maintenant que le choc du deuil entraîne une baisse des défenses immunitaires pendant une période de plusieurs mois. L’expérience montre que des maladies latentes peuvent survenir dans la période du deuil dont la durée est souvent sous-estimée ; n’hésitez pas à voir votre médecin et surveillez-vous attentivement.
  6. Avoir une bonne estime de soi ou travailler à sa restauration : c’est une proposition qui peut vous paraître absurde dans le moment que vous vivez : lors de la mort d’un être cher en effet, nous nous sentons toujours coupable, il y a toujours une chose que nous n’avons pas dite ou faite ; Mais il faut recenser les choses avec une justesse plus objective et se souvenir de tout ce qui a été dit et fait, le rôle que vous avez joué dans la vie de cette personne qui vous aimait. Il y a encore à prendre en compte que vous faites face avec courage à l’épreuve, chaque jour, vous vous confrontez à la souffrance indicible, c’est un point à mettre à votre acquis. Avoir une bonne estime de soi aide à aller mieux.
  7. Accepter de se protéger : Les jours les plus difficiles je branche mon répondeur ; il n’est pas possible et souhaitable de se couper de tout, mais je me souviens d’une phrase du docteur Simonton aux USA, qui dit à ses malades : Le jour de la chimio, ce n’est pas la peine d’aller aussi chez le dentiste ; J’ai souvent essayé d’adapter cette phrase à mon vécu dans le deuil : il y a des jours ou trop, c’est trop ; alors ce n’est pas la peine d’en rajouter, sachez volontairement vous retirer du monde pour un moment limité dans le temps ; cela vous permettra de retrouver le souffle pour faire face à nouveau.
  8. Se nourrir spirituellement dès que cela est possible : vous venez de perdre une personne très chère et, pendant un temps, vous ne serez plus intéressé(e) par l’extérieur ; mais dès que cela vous sera possible, vous pourrez vous « nourrir » par des choses qui peuvent vous faire plaisir : pour l’un, ce sera des promenades, pour l’autre un concert ; vous ne faites plus cette activité seulement comme un loisir de détente, mais comme quelque chose de réconfortant qui structure aujourd’hui votre personnalité.
  9. Remettre les problèmes à leur juste place : vous êtes assailli(e) par les problèmes qui deviennent des montagnes ; au travail, en famille, tout est compliqué ; C’est vrai, mais certains problèmes sont à minimiser : vous avez des conflits avec les autres, c’est douloureux mais cela n’a pas l’ampleur de ce que vous venez de perdre, alors patience ; on vous pressure au travail , OK vous n’avez pas besoin de cela, mais ce n’est qu’une case de votre vie. Essayez d’aplanir les montagnes en collines ; Je sais, cela peut paraître aberrant à dire, mais essayez quand même.
  10. Prendre les petits bonheurs que la vie et la famille vous donnent : dans ce cauchemar de la souffrance du deuil, il y a des choses qui vous font du bien : parler avec un de vos enfants, avec votre conjoint, un ami ; accrochez-vous à ces instants privilégiés qui vous redonnent la saveur de la vie.

Ainsi les jours vont faire les semaines ; les semaines les mois ; les mois une année ; une année, deux années ; et à chaque fois, vous aurez des forces supplémentaires pour faire face à la nouvelle étape du deuil que vous traversez.. Chaque fois que c’est trop difficile, faites vôtre la maxima de Scarlett dans Autant en emporte le vent : Demain est un autre jour. Il faut du temps pour devenir cette nouvelle personne qui pourra vivre l’absence extérieure de l’être disparu mais aussi sa présence intérieure.

P.-S.

Texte mis à disposition par les formateurs de la fondation François-Xavier Bagnout

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9 Messages de forum

  • Marina

    13 mai 2015 01:49, par Marina
    J’ai lu avec beaucoup d’attention vos argumentations.

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  • Prendre soin de soi durant le deuil

    26 juin 2014 13:28, par Marie Aline
    Ma fille s’est suicidée en se noyant a la.garonne .on a retrouver son corps après 23jours elle avait tentait il y a 2 ans d’en finir on a réussi a la sauver de justesse .Voici plus de 5 ans elle avait était opérée du cancer de sein elle s’en est sortie après bien de souffrances mor ales et physique son compagnon avec qui elle vivait est parti sans explication elle n’en s’est pas remis ne lui a pas laisser de lettre n’y aucune explication elle a souffert en rapport avec sa fille elle était Gran.Mère de 3 enfants de 10ans 9 et 7ans.il n’ y avait pas trop d’entente entre elle plus rien ne l’a retenait sur terre elle a préfère en finir je pense qui si ma petite fille de 29 ans avait était plus tolérante envers sa mère pour lui laisser la joie de profiter Fès petits elle n’aurait pas.mis fin a ces jours

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  • Prendre soin de soi durant le deuil

    26 juin 2014 13:28, par Marie Aline
    Ma fille s’est suicidée en se noyant a la.garonne .on a retrouver son corps après 23jours elle avait tentait il y a 2 ans d’en finir on a réussi a la sauver de justesse .Voici plus de 5 ans elle avait était opérée du cancer de sein elle s’en est sortie après bien de souffrances mor ales et physique son compagnon avec qui elle vivait est parti sans explication elle n’en s’est pas remis ne lui a pas laisser de lettre n’y aucune explication elle a souffert en rapport avec sa fille elle était Gran.Mère de 3 enfants de 10ans 9 et 7ans.il n’ y avait pas trop d’entente entre elle plus rien ne l’a retenait sur terre elle a préfère en finir je pense qui si ma petite fille de 29 ans avait était plus tolérante envers sa mère pour lui laisser la joie de profiter Fès petits elle n’aurait pas.mis fin a ces jours

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  • Prendre soin de soi durant le deuil

    20 mai 2010 17:18, par christiane claire
    Merci pour votre texte dont la lecture m’est précieuse en cette période difficile et solitaire. Je le relirai à nouveau comme "une étape" lors d’un "cheminement" dans un cours des jours tantôt supportables et constructifs tantôt, et c’est davantage le cas en ce moment 2 mois après le décès de JEAN, dans un cours des jours faits de larmes et de manque. J’écrivais avant, quand il était là. Je lui ai écrit après son départ, chaque jour, et là, je ne peux plus : l’absence et le manque sont tels que je n’arrête pas de pleurer ! Mais en lisant votre texte, je comprends que le sel des larmes a lui aussi son côté salvateur. Merci encore à vous. JE PENSE A JEAN ET JE L’AIME. Christiane

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    • Prendre soin de soi durant le deuil 21 mai 2010 12:15, par Geneviève

      Oui, c’est vrai, le sel des larmes ...

      Il n’empêche que la douleur, même ainsi lavée au jour le jour, engloutit la personne comme le ferait un puits sans fond et ce sentiment pèse d’un poids supplémentaire d’impuissance, de découragement et de peur que "cela n’ait pas de fin".

      Il me semble que c’est ce que vous éprouvez en ce moment.

      Puits ou tunnel : ce puits possède un fond et "l’on" remonte ; ce tunnel ouvre sur de la clarté et de l’apaisement.

      Vous dire cela est bien dérisoire au regard de ce que vous vivez.

      Je souhaite pourtant que cette assurance vous offre un appui, si ténu soit-il, pour soutenir l’énergie psychique et physique dont vous avez besoin pour continuer à vivre.

      Geneviève

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      • Prendre soin de soi durant le deuil 22 mai 2010 14:18, par christiane claire
        Bonjour Geneviève et merci pour votre réponse : je suis très sensible en ce moment à cette possibilité d’échange. Je suis en effet très seule et, même si je sais que reviendra le temps de créer "de nouveaux réseaux relationnels", je n’en ai pas la force en ce moment. Je vis dans un sentiment de culpabilité extrême qui s’ajoute à la douleur de la perte de celui auquel je pense sans cesse. J’ai aussi perdu ma maman d’1 cancer généralisé il y a un peu plus d’1 an. Son décès a été source d’une douleur sans nom. Il y a tout juste 1 an, c’est mon amie Dany qui a quitté cette terre après une lutte acharnée contre les cancers : elle a dû combattre 6 formes de "crabe", les métastases envahissant peu à peu les autres organes sains, occasionnant de nouveaux cancers. Soutenue par Jean-Paul son époux, elle est "partie" du cancer du cerveau. Jean-Paul a suivi son épouse dans la tombe 15 j après, victime d’1 infarctus. De nombreux autres deuils, d’autres pertes ont jalonné ma vie. A 63 ans, je me retrouve seule et sans le courage actuellement d’aller vers les autres. Je le ferai à nouveau mais je n’y parviens pas actuellement du fait de mon chagrin et de soucis de santé à gérer. J’aimerais juste en ce moment savoir comment me rapprocher de la soeur de Jean qui se montre "distante". Elle a ses propres raisons et je comprends son retrait. Je crains cependant qu’à 1 moment il ne soit trop tard pour reprendre le contact. Faut-il oser dire que je suis là, que je pense à elle et suis sensible au chagrin qu’elle vit ? Faut-il se taire ? Je ne sais. Chaque jour, j’ai envie de l’appeler et je ne le fais pas de peur de l’ennuyer, de la blesser, de "mal tomber", de me mettre à pleurer et donc de risquer de "manquer" l’échange. Je ne sais. Je crois cependant que cette démarche d’échange avec elle serait la seule actuellement qui "m’aiderait" puisque je pourrais parler de son frère aussi bien sûr avec elle mais je ne suis pas sûre qu’elle partagerait mon point de vue. Je me dis donc " demain ... ". Or, demain, c’est ce que nous attendions avec Jean en n’ayant pas réalisé à quelle vitesse la maladie progresserait ! Et demain est un aujourd’hui sans lui ! Merci de m’avoir lue Geneviève. Je vous souhaite du soleil dans l’âme et dans le coeur. Vous êtes une "belle personne" et peut-être est-ce JEAN qui me guide vers votre site ? Nous sommes tous confrontés aux peines et aux pertes et je vous envoie toutes mes pensées pour celles que vous devez connaître vous aussi tout en étant présente, à l’écoute de tout un chacun qui se confie à vous. Merci encore de tout coeur. Christiane Claire

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        • Prendre soin de soi durant le deuil 24 mai 2010 20:55, par Geneviève

          Vous n’êtes pas épargnée ….

          Peut-être la sœur de Jean est-elle dans des dispositions d’esprit semblables, souhaitant et redoutant tout à la fois un échange avec vous. Demander expose à recevoir un refus, c’est difficile et plus encore au moment ou toutes ces pertes vous fragilisent …

          Si vous êtes éloignées l’une de l’autre est-ce que l’écriture ne se prêterait pas mieux à une reprise de contact en proposant un rendez-vous ou un échange téléphonique en fonction de votre proximité géographique ?

          Lorsque vous écrivez je ne suis pas sûre qu’elle partagerait mon point de vue faites- vous allusion au fait qu’elle-même ne se sentirait pas aidée par cet échange ? Cette crainte serait-elle liée à l’état de vos relations.

          D’expérience, je peux vous dire que parler de celui que l’on aime avec une personne proche est ce qui fait le plus défaut aux personnes en deuil. Voilà pourquoi votre belle-sœur éprouve probablement le même besoin et si vos relations sont suffisamment bonnes, vous auriez raison de vous lancer.

          Prenez soin de vous, le temps viendra pour « les réseaux relationnels » et votre énergie actuellement est mobilisée sur l’essentiel.

          A bientôt peut-être. Geneviève

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    • Prendre soin de soi durant le deuil 12 juillet 2010 23:50, par picsou
      Votre texte m’encourage beaucoup à réagir... Je viens de perdre Eliane (mon épouse)à l’âge de 71 ans d’un cancer généralisé, elle est partie dans la souffrance il y a deux mois de çà. Nous nous sommes connus, Eliane avait 19 ans, j’en avais 17. Je ne peux pas m’imaginer que la maladie vous sépare pour toujours. Mes enfants ont quitté la région et je ne les vois que très rarement. Je me retrouve seul dans cette maison où nous étions tous les quatre. Eliane effectuait toutes les tâches dans la maison ; à présent, le linge, le ménage, les commissions, la préparation des repas, je commence à assumer tout ceci - Eliane est contente, sa maison est bien tenue, elle peut être fière de son homme. Je suis un homme qui pleure aussi, c’est vrai. J’ai de nombreux amis et je fais parti de deux chorales où je ressents une "affection associative" ; lorsque je rentre dès les répétitions dans notre maison, j’ai le cafard... dois-je rencontrer un psychologue pour m’aider à évacuer le deuil pour Eliane qui m’a donné deux beaux enfants ? De plus, elle s’est occupée de sa maman âgée de 96 ans et qui est toujours en vie...

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      • Prendre soin de soi durant le deuil 13 juillet 2010 10:30, par Geneviève

        Au-delà de ce que vous faites déjà - Tenue de la maison, participation aux deux chorales, vie sociale nourrie avec vos nombreux amis - vous ressentez le besoin de parler :

        Cette maman qui vit toujours alors que votre épouse n’est plus, vos enfants que vous ne voyez que très rarement. Votre chagrin est tricoté d’émotions et de sentiments parfois contradictoires et c’est lourd à porter tout seul. Vous vous prenez déjà en charge dans votre vie de tous les jours à l’intérieur et à l’extérieur de la maison.

        L’affection associative et amicale est très précieuse. Elle ne remplace pas pour autant une écoute attentive d’un professionnel et le besoin d’évacuer dont vous parlez qui pourrait également se faire dans un groupe de deuil s’il en existe dans votre département.

        Vous savez mieux que personne ce qui est bon pour vous. Suivez votre intuition, mes encouragements chaleureux vous accompagnent. Geneviève

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