Deuil Suicide

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Denise


Cela fait exactement quatre ans aujourd’hui que Patrick s’est tué en se jetant de la lucarne du grenier où il habitait à Rennes à 4 heures du matin, tombé sur le parking peut-être sur sa voiture la moitié du visage très abimée, la gorge entaillée.

Qui a tenu pour la dernière fois son corps encore chaud ?

C’est une anesthésie dont il faut vite sortir nous sommes aux pompes funèbres. Le procureur ne donne pas l’autorisation pour le crématorium, il faut tout préparer pour son retour vers Le Mans.

Nous réagissons avec nos automatismes le cœur coincé.

Au Mans à la chambre mortuaire, le cercueil est fermé, c’est très pénible.

Je vais de temps en temps au cimetière et ne m’attarde pas (je lui demande ce qu’il fait là) ainsi qu’au fils de mes voisins 50 ans mort du sida. (Tombeau en face du sien). Mais je prie Patrick quand j’ai des moments difficiles (Patou aide-moi je suis exaucée)

Au décès de mon mari c’est le travail qui m’a sorti de là et j’ai fait de la relaxation. Pour Patrick, ma fille m’a emmenée de force en vacances.

Aux réunions de famille, il manque toujours quelqu’un.

Les grandes fêtes et les fins d’année sont difficiles à vivre même en famille.

Le suicide est toujours tabou.

Denise : 25 juillet 2006

P.-S.

Ce témoignage émane d’un participant à un groupe d’entraide et de soutien pour personnes en deuil à la suite d’un suicide.

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4 Messages de forum

  • Shayna

    13 mai 2015 02:18, par Shayna
    Quel joie de consulter comme tous les jours ce site . Les tuyaux et les informations sont top. Je fais suivre l’info à mes collègues. Shayna

    Répondre à ce message

  • Den pouquoi tu ne m’a pas laissé de lettre avant ton départ

    7 juillet 2011 11:06, par simont-houllier den
    jacques viens de se suicider par balle le 07/05/2011, lui qui a toujours montré une force de caractère face aux épreuves. A l’age de deux ans il est atteind dune polio qui le rend handicapé ; puis en 1981 c’est un accident de la circulation par un thiers ivre au volant qui nous percute à un stop 2ème handicap il se relève, ensuite rechute opéré à caen clinique saint jean il entre en marchant ressort en fauteuil roulant pour 18 long mois, de nouveau opéré à Garches en juillet 2002 il ressort cette fois en marchant avec une canne anglaise qui ne le quittera plus ,mais il est de nouveau debout. en novembre 2010 il entre pour de nouveau sa jambe et on lui fait une colloscopie qui le menera à une stomisation qu’il ne suportera jamais 3 mois de réanimation polyvalente, d’ailleurs il m’en à voulu que j’ai dit oui pour cette opération il était dans le coma à ce monment. je m’en veux maintenant.Nous avons passés les pire mois de nos 40 ans de vie commune il ne supportait pas cette poche qui disait-il santait alors que moi sauf lors des changements ne me gênait pas ,il ne sortait plus avec une perte de 33 Kg il était de nouveau en fauteuil roulant ces jambes ne le supportaient plus perte de muscles aidez-moi je vie ça comme un tsunami et j’ai souvent envie de le rejoindre, je culpabilise,j’ai l’impression de ne plus être utile que dois faire ? je ne veux surtout pas me faire hospitalisé je n’ai plus confiance en la médecine l’enquête m’a destabilisé, seule personne en qui je fait confiance est mon généraliste .parfois je le sent impuissant face à mon désarois vais-je m’en sortir .Je n’en suis pas sur ,je m’isole,de mes enfants, ma famille, mes amis le bruit m’énerve les silenses me pèsent, son absence après deux mois aujourd’hui m’est insuportable que vais-je devenir aurai-je encore le courage de survivre ? ,je n’ai plus d’envies j’ai arrêté la peinture ,la natation, la marche à pied qu’en je prends le camping-car il n’est pas à mes cotés ,le quad il n’est pas derrière, la voiture je suis seule que faire le rejoindre ? il n’avait pas le droit de me faire cela ! il m’a détruite anéantie que puis-je faire pour m’en sortir si toutefois cela est posible deux mois aprè je pense que mon état empire je n’ai plus d’avenir de projets répondez moi SVP JE SUIS A LA DERIVE

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    • Oui, vous en sortir est possible et c’est tout à fait normal que vous soyez dans cet état seulement deux mois après. Vous vous isolez, dites-vous et c’est normal aussi que vous ne supportiez rien ni personne. Vous avez besoin de temps et ne plus avoir envie de pratiquer vos activités est totalement compréhensible et peut-être nécessaire pour un temps.

      Livrée à ce « tsunami » (un ouragan qui dévaste tout sur son passage, c’est bien cela ?) vous ne pouvez évidemment pas agir comme s’il ne se produisait pas.

      Vous ressentez aussi que votre état empire parce que les semaines qui s’écoulent ancrent la douleur et le caractère irréversible de la perte. Ce que vous vivez est donc une conséquence prévisible et « logique ». Et en même temps, ces conséquences vous font peur car vous pouvez croire que cela sera toujours ainsi et peut-être de pire en pire. A cette peur, se mêlent la culpabilité, la colère, la révolte, le sentiment d’impuissance qui forment un mélange épuisant à vivre.

      A l’hôpital, on sait qu’il faut toucher les plaies des grands brûlés avec précaution en raison de la douleur atroce réactivée par le contact et aussi en raison des risques d’infection. C’est la raison pour laquelle vous fuyez votre entourage, parce que vous êtes une grande brûlée. Au fond, vous vous voulez sans doute du bien et vous savez que vos proches risquent d’aggraver la douleur de votre plaie ou l’envenimer avec bonne intention mais maladresse.

      Ce repli est donc compréhensible et peut-être salutaire mais dites-leur. Dites-leur que vous comprenez qu’ils vous veulent du bien mais que tout vous blesse davantage et que vous avez besoin de temps. Du temps, il va vous en falloir et aussi du soutien adapté. Vous ne voulez pas d’hospitalisation, soit. Vous avez vos raisons et peut-être raison. Cependant, si vous sentez à un moment que c’est « ça ou le suicide », allez-y.

      Vous ne semblez pas suicidaire, surtout désespérée, non pas d’un mal-être existentiel, mais en réaction à cette situation tellement douloureuse. Cependant, si des idées de suicide se développaient, parlez-en à votre généraliste puisque vous lui faites confiance.

      Dès que cela vous semblera possible (acceptez que ce soit long), reprenez petit à petit les activités que vous aimiez, comme en rééducation. En attendant, peut-être, marchez, dans la campagne si vous y êtes. Écrivez aussi si ce moyen vous permet un soulagement. Chaque petit pas compte, si petit semble t’il.

      J’anime des groupes d’entraide pour personnes en deuil depuis 10 ans et je suis témoin de ces lentes remontées des enfers pour certains. Je sais que c’est possible. Je sais aussi que la plongée précède la remontée et que vous avez peut-être le sentiment de couler. Non, vous allez toucher le fond, vous y êtes peut-être et vous remonterez, c’est possible !

      Alors, vous aurez de nouveau accès, de façon bienfaisante, à l’affection, l’amitié et l’amour des vôtres. Geneviève

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    • Comme je comprends ce que vous ressentez ! ce geste fatal il l’a fait parce que "A CE MOMENT LA", mettre fin à sa souffrance envahissait toutes ses pensées. Il n’y avait plus de place pour une autre alternative. en avril 2010 mon mari a mis un terme à une dépression qui le minait et l’affaiblissait. Je crois qu’il a décidé de se libérer et de me libérer du poids de sa maladie. Malgré l’immense chagrin de l’absence, malgré la révolution que cela a provoqué dans ma vie, malgré la solitude, je ne peux pas lui en vouloir. Il repose enfin en paix. Marie

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