Deuil Suicide

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Sylvie


Pour moi, je n’ai rien écrit de personnel après le suicide de mon mari.

Au départ, j’ai surtout cherché à comprendre son geste, ce qui dans son caractère, dans son éducation, dans sa vie, l’avait conduit à utiliser cette porte de sortie ; et donc j’ai recherché la discussion avec ceux qui l’avait connu pour saisir ce qu’ils avaient compris de lui. Je notais dans un cahier (après ces discussions) ce que les personnes m’avaient confié.

J’avais noté dans le même cahier, ce que m’avaient dit les infirmières et le médecin qui l’avait suivi peu avant son geste. Puis j’ai pris l’habitude de recopier des passages de livres qui parlait du comportement des gens ou de leurs réactions en fonction de leur caractère ou de leur éducation : tout ce qui pouvait avoir un lien avec lui, tout ce qui pouvait expliquer.

J’ai aussi noté au vol des choses entendues dans diverses émissions de radio. De temps en temps je relis mes notes, cela m’aide à le comprendre. Pour moi, c’était très important de comprendre, c’est ce qui m’a permis d’accepter son geste et de faire mon deuil.

J’ai aussi fait une recherche de textes non religieux (à lire à une sépulture) qui exprimait ce que je ressentais et ce que j’avais envie de dire à mon mari un an après sa mort, mais ce ne sont pas mes propres textes. En fait, je me sers des textes des autres pour m’exprimer.

Sylvie

P.-S.

Ce témoignage émane d’un participant à un groupe d’entraide et de soutien pour personnes en deuil à la suite d’un suicide.

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